Le 10 avril 1956, le Sidi-Mabrouk déverse une unité du contingent sur les quais d'Alger. Il s'agit de jeunes gens des classes 1952 et 1953 rappelés en Algérie pour une période supplémentaire de six mois (après dix-huit mois de service militaire). Les hommes débarquent en tenue 46 dans la chaleur algéroise après vingt-quatre heures de traversée inconfortable.
En métropole, ils viennent de vivre des scènes démoralisantes: femmes couchées sur les voies, gares mises à sac, rails bloqués par les manifestants hostiles à l'intensification de la guerre... Nombre de rappelés feront preuve de rogne et de grogne contre ce rappel qu'ils vivent mal, dans un pays inconnu, l'Algérie, pour une guerre dont le sens échappe à beaucoup. Alger la blanche est là, magnifique. Sur le quai, de jolies Algéroises, sensibles aux arguments du bureau d'action psy de l'armée, applaudissent ceux qui viennent les défendre. Mais c'est déjà l'embarquement en train ou en camion GMC, direction le bled.
Début de l'histoire