
Tout semble à la fois précaire et permanent. On trouve dans le camp cette improvisation des armées en campagne et des institutions aussi définitives que le four de boulanger... Pas d'électricité. Le fourrier remonte à chaque convoi des caisses de bougies. Pris comme une mouche dans un verre. Autour de nous, un océan tumultueux de montagnes rousses et vertes,
aux flancs plissés de pachyderme, nous enferme dans l'immobilité de ses vagues géantes. Un silence invraisemblable, l'odeur crasseuse des fumées du regroupement accroché sous les barbelés, l'odeur sirupeuse de la végétation qui roussit.
Cinquante gars dans la cour. Une compagnie ! Je venais en Algérie l'imagination pleine de combats légendaires.
J'arrive dans une vie de captif où on peut se faire tuer...