Huttes et souterrains
rideau
habitation des chouans

Sur les camps ou campements chouans, il n'est pas plus facile de se faire une opinion précise que sur les costumes. Peut-on même dire que ce fussent là des camps ? Ce sont tantôt des carrières abandonnées comme les caves de Laudéan, dans la forêt de Fougères ; tantôt des souterrains de fraîche date comme ceux d'Hubert dans la forêt de Vitré, aménagés en dortoirs au revers d'une faible éminence et où l'on n'accédait « qu'après avoir marché plus de cent pas dans un ruisseau (Pontbriand) ; tantôt une série d'alvéoles « profondes, recouvertes de branchages » et creusées derrière le rempart de quelque talus, comme à Saint-Bily ; tantôt des « baraques de planches », sept ou huit, avec « chacune vingt-cinq couchettes », comme à Boscény ; tantôt enfin (mais seulement après des razzias républicaines ou en cas d'émigration) de vrais villages sylvestres comme celui qu'a décrit Souvestre sous le nom de Placis de la Prenessaye et où cent huttes de charbonniers, dans une clairière, entouraient quelque grand chêne druidique exorcisé par les saintes images et par l'autel de verdure qui s'adossaient à son tronc.

Mais la plupart du temps, quand le signal du rassemblement » les tirait de leurs chaumières, les chouans ne s'embarrassaient point de tout ce luxe : la nuit venue, si le temps était propice, ils se roulaient à la belle étoile dans leur peau de bique et, au cas contraire, empruntaient le paillis ou le grenier d'une ferme voisine. Des grand'gardes, on ne prenait même point toujours la peine d'en poster ; les enfants, alertés, surveillaient les routes et, au premier bruit d'une troupe en marche, détalaient vers le camp en criant : « la Nation ! »

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Au claire de lune