

Plus on tue des leurs, plus les Français s'énervent. On s'engouffre dans les maisons d'où l'on a tiré, on tue sans merci tous les habitants. Un mamelouk a été abattu par une balle tirée d'un couvent. On envahit le couvent, tous les moines sont massacrés. On coupe les têtes et on les jette par la fenêtre.

On multiplie les charges. Grouchy enlève ses cavaliers. Et Daumesnil qui a deux chevaux tués sous lui. Mais l'émeute a pris tant d'ampleur qu'il semble qu'elle va triompher. Daoïz et Velarde se sont emparés du parc d'artillerie de Monteleone. Les insurgés s'y retranchent, on distribue les armes au peuple, on met les canons en batterie.
Les Français tentent de reprendre le parc. En vain. Ils sont obligés de se replier. Le serrurier José Blas amène de nouveaux renforts. Parmi eux, beaucoup de femmes. L'une d'elles jette une pierre à un cuirassier qui, désarçonné, tombe à terre. La femme l'achève en lui passant un sabre à travers le corps. Encore une image digne de Goya : les femmes, poings sur les hanches, qui rient en s'asseyant sur les canons fumants.

