Etre vendus et revendus
vente esclaves
esclaves en Amérique

Au début, les colons américains placent les Africains dans la même catégorie que les serviteurs sous contrat ou les condamnés de droit commun dont la métropole se débarrasse. Puis, dans la seconde moitié du XVIIe siècle, ils cessent de croire, ou de faire semblant de croire, qu'un Noir puisse avoir vocation à la liberté.
De la Virginie à la Georgie, sans oublier les Carolines, ils ont besoin d'une main-d'oeuvre soumise, peu coûteuse, capable de résister au climat subtropical. Les Noirs cultivent le tabac, le maïs, la canne à sucre, voire le chanvre et le lin. Ils servent aussi de domestiques. En revanche, au nord de la Virginie, de Philadelphie à Boston, la main-d'oeuvre des hommes libres suffit, encore que beaucoup tirent parti de la traite.

Raflés sur les côtes du Ghana, du Sénégal ou de la Guinée par des intermédiaires eux aussi africains, ils sont vendus à des négriers blancs qui viennent commercer dans les ports de l'Atlantique. Le trafic rapporte gros. Les Hollandais, les Anglais, les Français, les Portugais, les puritains du Massachusetts engrangent des bénéfices impressionnants.
Entassés sur des bateaux rudimentaires, les fers aux pieds, les Noirs endurent une traversée éprouvante, avec pour seule perspective d'être vendus et revendus, une fois qu'ils auront gagné le Nouveau Monde. Certes, les négriers ne souhaitent pas qu'une partie de la cargaison, donc des marchandises, disparaisse à la suite des mauvais traitements. Ils estiment qu'ils peuvent supporter 10 % de pertes. La proportion correspond, bon an mal an, à celles que subissent les bâtiments pour immigrants blancs. Ce n'est pas un génocide. C'est une déportation au plein sens du terme.

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