Providence pour de nombreux Français, le marché noir permettant de vivre comme avant reste le privilège de quelques-uns et toute la masse des ouvriers et petits bourgeois vit de plus en plus mal. Consacrant près de 70 % de leur budget à l'alimentation, n'achetant que rarement au marché noir, ils économisent principalement sur les vêtements, l'éclairage et le chauffage.
Et pourtant, l'hiver est rigoureux et la lutte contre le froid constitue un problème de plus. Le charbon du Nord, contrôlé par les Allemands, est distribué avec une parcimonie grandissante et le prix du bois ne cesse d'augmenter. Trouver une source de chaleur devient de plus en plus difficile, et l'on se presse dans les lieux publics qui offrent un peu de tiédeur. Les cafés, bureaux de poste, bibliothèques, cinémas sont constamment remplis et, à Paris, on s'attarde dans le métro.