Plaques de rues et panneaux de signalisation en allemand, la capitale offre
un visage insolite. Mais si l'occupant tient le devant de la scène, l'insolite se conjugue aussi à la française, grâce aux trouvailles du système D pour faire face aux restrictions consécutives à la guerre et à l'occupation. Les voitures à essence ont pratiquement disparu des rues de Paris, remplacées par des véhicules à gazogène, salissants et capricieux, par des attelages, et par la« petite reine » qui tient désormais le haut
du pavé. Les deux roues ont envahi la capitale, et se substituent aux moyens de transport traditionnels. Vélo-taxis, vélos de particulier, triporteurs pour le transport des marchandises...
la bicyclette n'a jamais si bien mérité son surnom. La reine de Paris, c'est elle, et ses heureux possesseurs la protègent jour et
nuit des éventuels voleurs, n'hésitant pasà monter quatre étages avec le précieux véhicule sur les épaules. Le métro, dont
la fréquence a baissé, est utilisé par un nombre croissant de passagers. Ecrasés, piétinés, les usagers gardent pourtant le moral, tout en enviant parfois les Parisiens qui peuvent s'offrir le luxe de voyager en fiacre.